
Date: 15 décembre 2021Author: 23juin19621 Commentaire— Éditer
15/12/2021
La transformation des systèmes alimentaires: Nos choix et nos habitudes alimentaires déterminent notre santé et celle de notre planète.
La documentation à l’ONAGRI s’est proposée de créer une page web sur sa plateforme documentaire Agri-Doc Sp@ce portant sur les Systèmes Alimentaires sujet de grande importance.
https://onagri.home.blog/category/les-systemes-alimentaires/
En effet, et au vu des grands et nombreux challenges que la Tunisie qu’elle confronte et se doit de confronter encore plus dans l’avenir, nous pouvons en énumérer quelques uns comme le changement climatique, le développement durable notamment en agriculture, la disponibilité de l’eau devenue une denrée rare en Tunisie, la sécurité alimentaire ainsi que la santé du citoyen tout cela dans un environnement sain et durable.C’est dans cette optique que cette page a été créée pour une contribution à ce sujet et que nous nous proposons d’enrichir au fur et à mesure.
En effet, nos choix et nos habitudes alimentaires déterminent notre santé et celle de notre planète. Ils influencent aussi le fonctionnement des systèmes agroalimentaires. Pour cela , nous devons construire un avenir où l’on dispose d’une alimentation nutritive, saine et abordable en quantité suffisante pour tous. Et nous nous devons de prendre une part active à ce changement. Les résultats de la concertation en Tunisie donnent, vous les trouverez sur cette page, des solutions et recommandations fortes intéressantes et réalisables.
En navigant sur cette page web, vous y retrouverez les résultats des concertations tunisiennes ainsi que leurs méthodologies de travail réalisées au sein des concertations internationales organisées par les Nations Unis pour une alimentation saine.Vous y trouverez une documentation sur « Les systèmes alimentaires territorialisés en méditerranée, des Initiatives pour une alimentation responsable et durable » très intéressante car basée sur l’idée originale de « la CIVILISATION DE L’OLIVIER », mais aussi celle de promouvoir non seulement la transition alimentaire « objectif commun pour les pays de la méditerranée ». Le système alimentaire Tunisien y est présenté.Vous trouverez aussi les sommets mondiaux sur le sujet, des vidéos, et un grand nombre d’information.Vous y trouverez aussi une documentation sur la politique alimentaire commune de l’Union Européenne en vue de construire des systèmes alimentaires durables en Europe et donc pourquoi pas une politique maghrébine dans ce sens ? Une synthèse bibliographique sur le sujet est en cours de réalisation elle vous sera communiquée dans les délais les meilleurs.L’exemple de la France y est aussi inséré afin de pouvoir « profiter » des avancées de ce pays dans ce domaine.La Documentation de l’ONAGRI
lien https://onagri.home.blog/category/les-systemes-alimentaires/
Politique de développement agricole du Ministère de l’Agriculture des Ressources Hydrauliques et de la pêche 2021.
DOCUMENT
La préparation du projet annuel de performance pour l’année 2021 intervient au milieu des défis profonds qui auront des répercussions directes sur l’économie nationale, les finances publiques et les équilibres publics en raison de la crise économique et financière mondiale résultant de la propagation de la nouvelle épidémie de virus Corona, bien que le Ministère continue à incarner la transition réelle et effective dans la détermination et la mise en œuvre des politiques publiques basées sur l’atteinte des objectifs fixés et les principe d’équité et d’égalité des sexes.
La politique de développement du plan quinquennal achevé (2016-2020) se poursuivra en accélérant la
réalisation des projets continus et en lançant la préparation du plan quinquennal 2021-2025. Un accent
particulier sera mis alors sur les axes suivants :
Durabilité de la croissance de la production
Utilisation durable des ressources naturelles
Stimulation de l’investissements et promotion du financement, de l’assurance et des structures
professionnelles
Gouvernance et optimisation du secteur agricole
25/08/2021
PAMPET AVFA
BD – Formations Innovantes dans la chaîne de valeur du Lait Télécharger
Affiche de sensibilisation – Secteur Laitier – COVID19 ARABE Télécharger
Affiche de sensibilisation – Secteur Laitier – COVID19 FRANCAIS Télécharger
Cahier Farmer Business School – Olive – Arabe Télécharger
Dépliant Bonnes pratiques agricoles Cluster Télécharger
Fiche Pratique de l’ApicultureTéléchargerFiches IAAA – Les TIC au service de l’agriculture Télécharger
Seabex – Irrigation intelligente pour les agriculteurs Tunisiens Télécharger
MANUEL AgripreneurTéléchargerMANUEL Agripreneur PITCHING FR Télécharger
MANUEL Agripreneur PITCHING ART Télécharger
Manuel Référence OPA – Affaires SousModule 1 Télécharger
OPA Affaires Résumée – Commerce Agricole et Chaînes de Valeur Télécharger
Guide BPE version finaleTéléchargerIAAA Pomme de terre – FR 2019 Télécharger
IAAA – Avantages du système du froid à la ferme Télécharger
Livre GIZ GBPA – Pomme de terre Télécharger
Référentiel Pistachier ART télécharger
Référentiel pistchier FR Télécharger
Référentiel Abricot – AR AgriculteurTélécharger
Référentiel Abricot – FR Agriculteur Télécharger
Fiche Technico-économique – Lentisque Télécharger
Dépliant Valorisation PFNL Télécharger
Dépliant – Législation Forestière en Tunisie Télécharger
Fiche Pratique – Apiculture Télécharger
Fiche Pratique – CâprierTélécharger
Fiche Pratique – Champignons Télécharger
Fiche Pratique – Graines Forestières Télécharger
Fiche Pratique – LentisqueTélécharger
Fiche Pratique – Romarin Télécharger
Synthèse bibliographique du Sommet 2021 des concertations sur les systèmes alimentaires en Afrique du Nord premier document
Algérie, Mauritanie, Maroc, Tunisie
Accès au financement : un préalable indispensable pour une agriculture performante en Afrique du Nord à l’horizon 2030 ; Avant de développer cet aspect jste spécifier et insister sur le fait que la FAO, en collaboration avec l’Agence Française de développement et la Banque Mondiale en 2016 a réalisé une étude approfondie sur le financement de l’agriculture tunisienne, un document de 376 pages avec en 3ème et dernière partie un chapitre entier (102 pages) sur les recommandations et priorisées selon leur importance. On y retrouve 3 catégories de priorité :
Priorité de mise en œuvre: Très élevée.
Priorité de mise en œuvre: Elevée.
Priorité de mise en œuvre: Modérée.
Le forum est certes important, il permet l’échange entre les divers acteurs, la réflexion commune surtout, ainsi que les recommandations allant d’une situation actuelle réelle, mais il nous semble toujours bon de se baser sur des références de valeur du passé proche et aurait pu être éventuellement un document de travail pour lecture avant le forum et d’éventuellement distingué de ce qui a été réalisé ou pas réalisé des recommandations de cette étude.
Les résultats de la Concertation pour le Sommet sur les systèmes alimentaires seront utiles pour développer la voie vers des systèmes alimentaires durables là où elles ont lieu. Ils constitueront une contribution précieuse aux voies nationales et intéresseront également les différents groupes de travail qui préparent le Sommet : les pistes d’action, les groupes scientifiques et les Champions, mais aussi les autres Concertations.
Le choix de l’UMNAGRI a été de cibler une problématique transversale qui touche un maillon de ce système et constitue un préalable pour développer des systèmes alimentaires performants et équitables. Ce choix s’est avéré très judicieux dans la mesure où les échanges ont pu approfondir les différentes facettes de la problématique et de partager des expériences intéressantes entre les pays participants. Il était aussi important de sensibiliser les facilitateurs que l’objectif de la concertation est d’identifier des pistes d’action qui pourraient orienter les stratégies des décideurs mondiaux en ce qui concerne le développement futur des systèmes alimentaires. Ainsi, les échanges ont pu être orientés davantage vers les solutions à proposer0
Malgré sa contribution très importante dans la création de richesse nationale, l’agriculture reste le secteur le moins servi en termes de financement dans la région de l’Afrique du Nord.
15/07/2021
Aujourd’hui l’huile de pépins de figue de Barbarie bio est devenue le fer de lance indiscutable de la nouvelle cosmétique tunisienne. En vue de positionner la Tunisie comme pays leader dans ce domaine, l’INNORPI avec l’appui du Ministère de l’Agriculture et du projet PAMPAT (ONUDI/SECO) vient de publier la norme tunisienne relative à l’huile de pépins de figue de barbarie. La Tunisie est devenue ainsi le premier et seul pays au monde à standardiser les caractéristiques de cette précieuse huile. Cette nouvelle norme encouragera davantage les exportations tunisiennes de la filière cactus, qui continuent à enregistrer une nette tendance à l’hausse malgré la crise économique mondiale.
Vidéo-présentation de l’huile de pépins de figue de barbarie tunisienne:
https://www.youtube.com/watch?v=nu7vOkhTwic
Pour plus de détails allez sur cette adresse.
Association ANADEC
NOMBRE D’ENTREPRISES A SEXTUPLE (X6) LES INVESTISSEMENTS +15 MD ENVIRON 1000 NOUVEAUX POSTES D’EMPLOIS PERMANENTS ET SAISONIERS
ZLECAF
09/07/2021
Après le système de déclaration des barrières non tarifaires mis à la disposition des acteurs africains du commerce en vue de déclarer les difficultés de commercer et qui solutionne ces dernières par la suite, la ZLECAF dispose aujourd’hui d’un autre nouvel outil de base, dont l’utilité est fondamentale pour les divers opérateurs à savoir le « Système Panafricain de Paiement et de Règlement pour le Commerce Transfrontalier en Afrique ».
C’est le 30 juin 2021, lors du webinair ayant eu lieu en Tunisie (géré par l’unité Pilote Tunisienne choisie parmi les 5 choisies dans les 54 pays africains), qu’il a été officiellement lancé et dénommé « Système PANAFRICAIN de paiement ou de règlement » en vue de faciliter le commerce intra africain transfrontalier.
Zone de libre échange Continentale Africaine (ZLECAF)
La PAPSS Pan AfricainPayment and Settlement system
oule SPARP Système Panafricain de Paiement et de Règlement pour le Commerce Transfrontalier en Afrique
PAGE WEB SUR LE SUJET
Ce mode de paiement dit « PAPSS » en anglais ou « SPARP » en français permet de faire le règlement sur une base nette multilatérale et sur des devises de localesce qui représente notamment pour la Tunisie une opportunité quasi unique de payer non seulement d’une manière instantanée et en dinars tunisiens. Ces atouts permettront à notre pays de ne pas puiser dans ses réservesen devises. Une aubaine.
Présenté par Mr CHAM Etienne BAMA Sous-directeur de la Promotion du Commerce Extérieur- CNCC Trade-Policy Advisor.
Le succès de la ZLECAFrepose sur des infrastructures critiques comme le paiement, elle se doit donc de créer ce système unique de paiement pour toutes ces raisons énumérées en vue d’éviter surtout les logues durées et des coûts élevés des règlements interbancaires et l’inexistence de normes de format de messageries ainsi que la non harmonisation des systèmes technologiques. Ce manque d’intégration financière ne peut qu’avoir un impact négatif sur le commerce africain et ce nouveau paiement est une réelle opportunité pour le commerce transfrontalier.
Au vu de la forte dépendance et le coût élevé des devises étrangères ainsi que le manque d’intégration financière et de la fragmentation des systèmes de paiement régionaux auxquels s’ajoutent le système de transfert intra africain couteux et les retards associés aux transferts transfrontaliers et les différences de conformité.
Ainsi ce nouveau système de paiement unique et homogène est une excellente nouvelle pour la ZLECAF et les pays membres car il ne fera que facilité les paiements éviter bien des problèmes d’harmonisation et de retards et de réduire les coûts des transactions.
Il est à relever que ce système a les avantages de fonctionner indépendamment des systèmes de paiement nationaux et cela 24h/24 et 7j/7 sachant aussi qu’il dispose de la norme de qualité ISO20022.
Pour conclure l’état des lieux de ce système est le suivant :
Le Corps du SPAPR entièrement développé et actuellement opérationnel.
Intégration avec 6 banques centrales de la Zone Monétaire Ouest-Africain achevée à plus de 90 %.
Intégration avec les banques commerciales pilotes – en cours. NIVEAU ACTUEL
Les opérations d’essai ont eu lieu en mai 2021.
Début des opérations en direct: Juin 2021.
Le lancement des opérations de manière formelle: Août 2021.
Ainsi, la ZLECAF se concrétise de plus en plus avec des outils fondamentaux développés durant cette année et d’autres qui suivront ; la synthèse se trouve sur la plateforme documentaire de l’ONAGRI Agri-Doc Sp@ce sur le lien suivant.
21/05/2021
Etude prospective de l’agriculture marocaine à l’horizon 2030,
LES PRODUITS DE TERROIR REPRÉSENTERAIENT EN 2030 DE 25 A 30% DE LA PRODUCTION AGRICOLE AU MAROC
une synthèse bibliographique
Dans cette étude prospective de l’agriculture marocaine à l’horizon 2030, les analyses, le contenu sont fortement intéressants et aussi vu qu’elle soulève de nombreux points, enjeux, orientations très similaires à ceux de l’agriculture Tunisienne.
En effet, les auteurs après analyse, présentent 3 scénarios plausibles.
Ces trois scénarios sont d’abord le “scénario de l’ouverture subie”, puis celui du “scénario de l’ouverture accélérée” et en dernier lieu le “scénario de l’ouverture maîtrisée”. Le scénario de “l’ouverture subie” suppose que l’ouverture se fasse selon les rythmes prévus par les accords déjà signés de libre-échange et les progrès de la négociation internationale et que les politiques demeurent surtout “réactives”.
En conclusion, ils avancent que des scénarios intermédiaires, partiels, différents ou évolutifs seraient possibles.
L’Union du Maghreb Arabe pourrait devenir un cadre de coopération important. La réalisation du 3ème scénario semble le plus plausible et le plus profitable pour le Maroc et pour le Grand Maghreb qui dispose de la capacité nécessaire à apporter des solutions pertinentes aux problèmes communs, ceux des méthodes du développement rural durable, de l’économie et de la valorisation de l’eau agricole, de l’organisation en réseau de la formation et de la recherche agronomique, de la promotion sur les marchés mondiaux de certains produits agricoles, du suivi
de l’état des ressources et milieux naturels, etc. Des complémentarités économiques indirectes importantes sont aussi possibles.
C’est cet appel à l’Union, à la solidarité, à l’association et l’unification des stratégies agricoles pour une stratégie commune maghrébine en vue d’un avenir meilleur que nous réalisons cet article.
Ainsi, les pays de l’Union du Maghreb Arabe pourraient avec l’UE dialoguer globalement mieux que de le faire indépendamment pays par pays.
Le 3ème scenario (page 65) de « l’ouverture maîtrisée » est plus profitable pour le Maroc selon les auteurs. Il est celui du développement rural et d’une agriculture plurielle adaptée aux spécificités du pays, à ses fragilités comme à ses atouts. Il invite à une certaine évolution du modèle de croissance actuel du pays, il interpelle les autres secteurs d’activité et suppose une meilleure intégration des dimensions économiques, sociales, environnementales et culturelles
du développement. Ce scénario, demande aussi un repositionnement du rôle de l’Etat et une meilleure déconcentration et convergence d’action. Il suppose la progressivité de la libéralisation, la définition et l’adoption de stratégies collectives et la montée en capacité des acteurs et systèmes institutionnels pour soutenir la croissance, assurer la durabilité des ressources naturelles et maintenir les cohésions.
Finalement, c’est le scénario d’une nouvelle gouvernance et qui dans ce cas de figure, engendrerait une forte probabilité importante que les produits méditerranéens de terroir labellisés auraient été fortement promus et valorisés peuvent représenter quelques 20 à 30 % de la production en 2030.
Ainsi, le lecteur comprend à travers cette étude que nous nous acheminons en majorité et en quelques sortes vers une spécialisation par pays sur des productions agricoles déjà existantes adaptées et encrées aux traditions, spécifiques non seulement au pays mais surtout aux régions, et divers climats de ces dernières et à leurs sols. Elles répondent bien aux nécessités du développement durable et se détachant des produits communs que tout un chacun peut
produire et très exigeantes en ressources naturelles.
En Tunisie l’APIA (Agence de Promotion des Investissements Agricoles en chef de file avec d’autres institutions relevant du ministère a beaucoup travaillé sur cet aspect et le meilleur exemple actuel est celui du Projet PAMPAT qui a donné naissance à des produits de terroir, à des appellations d’origine contrôlée et protégée, à la création de sociétés mutuelles de services, un autre aspect à appuyer en Tunisie pour protéger les agriculteurs de l’ouverture des marchés
afin de faire survivre leurs activités et unir leurs efforts pour remporter les défis de demain. En Tunisie, et avec ’augmentation du nombre de petits exploitants et des exploitations familiales,
mieux vaut être solidaire que solitaire dans cette ouverture mondialisée.
Pour en revenir à cette étude et entériné ce que nous venons juste de dire, le Maroc dispose actuellement d’une excellente expérience en ce domaine (30% de ses agriculteurs sont mutualisés contre seulement 10% en Tunisie). Ces SMSA ont de nombreux avantages qui feront certainement l’objet d’une autre synthèse bibliographique. Il est à noter que le projet a appuyé la création de site internet pour ces SMSA, insérant ainsi le numérique (sites web, pages aceBook…) et tous ses avantages pour mieux valoriser les produits de terroir. Un des progrès majeurs impliqués par le scénario de “l’ouverture maîtrisée” concerne la valorisation de l’eau. En effet, le passage à une gestion efficace et économe de la demande en eau aura en effet permis d’accroître d’une façon très significative, peut être de 80%, la valeur ajoutée créée par m3 d’eau mobilisé. Un tel progrès est possible, mais il demande des mesures très fortes et bien coordonnées. Cette nouvelle gestion de l’eau aurait notamment encouragé des progrès structurels notables vers une agriculture de précision très valorisée selon les auteurs.
Elle aurait été aussi accompagnée par le développement d’un ensemble d’outils spécifiques en matière d’incitations, de tarification, d’organisation et de partenariats.
Il est noter qu’une étude en deux tomes a été réalisée en Tunisie sur la marge brute du m3 d’eau par culture.(lien) pouvant servir à l’aide à la décision dans ce sens.(Tomes 1 et 2 de la marge en DT de l’eau selon les cultures).
Cependant, au Maroc comme en Tunisie, en dépit de son importance stratégique et de ses progrès depuis l’Indépendance, force est de constater que les performances de l’agriculture restent encore insuffisantes et que son évolution est encore possible. La productivité par actif et par hectare reste parmi les plus faibles de la région, la balance commerciale agricole est généralement déficitaire à part les années de grande production simultanée d’huile d’olive et de dattes pour la Tunisie. En outre, depuis quelques années, l’irrégularité de la production risque de devenir problématique (intensification) car plutôt insensible aux impératifs de l’environnement.
L’étude avance aussi ceci : « Les écarts de productivité entre pays industrialisés et pays en développement sont devenus tels qu’ils peuvent rendre bien problématique une libéralisation équitable du commerce agricole ».
C’est dans ce contexte que le Maroc doit faire face à l’ouverture sur les marchés internationaux. Le Maroc est en effet résolument engagé dans une politique d’ouverture dans le cadre de son ambition de réussir le triple pari de la libéralisation, de l’insertion la plus avantageuse pour sa croissance dans les chaînes de valeurs internationales et du développement humain durable. Face à ce triple pari, l’ouverture comporte de toute évidence des risques certains. Elle peut en effet être la cause d’un creusement des déséquilibres régionaux, d’une accentuation de la pauvreté rurale et de bouleversements environnementaux ; elle peut avoir de graves conséquences sur les finances publiques et sur la problématique de l’émigration. De nombreux autres exemples montrent cependant que la mondialisation peut être aussi l’occasion de progrès structurels pour l’agriculture. L’ouverture, selon la façon dont elle sera gérée et
accompagnée, pourra avoir des effets très contrastés.
L’analyse comparée des pays méditerranéens permet d’affirmer qu’un renouveau agricole et rural est possible. Le Maroc comme la Tunisie disposent en effet d’atouts forts par rapport aux autres pays de la rive Sud, et la demande en produits méditerranéens de qualité est croissante.
Quant au scénario (1) ou L’ouverture est donc “subie”, même si elle reste partielle, les autres changements, en particulier ceux qui touchent au climat, aux modes de vie, aux conflits d’usage sur l’eau, sont également peu anticipés. Les distorsions ne sont pas corrigées, les institutions évoluent peu, la mise à niveau agricole reste partielle, la durabilité demeure peu intégrée et les politiques de développement rural et d’aménagement du territoire insuffisantes.
Les conséquences possibles d’un tel scénario ne sont pas très encourageantes. On devrait
notamment assister au creusement du dualisme agricole en même temps qu’à la disparition de nombreuses exploitations qui ne pourront pas faire face à la mondialisation. Une forte aggravation des dégradations environnementales est également probable. L’utilisation de l’eau resterait peu économe et peu efficace, et une crise de l’eau deviendrait de plus en plus probable.
La désertification s’accentuerait également avec, parmi d’autres conséquences, une accélération de la vitesse d’envasement des retenues des barrages. L’ère de l’après-barrage commencerait ainsi nettement avant la fin du siècle. Ajouté à cela, les auteurs avancent que la volatilité de la croissance agricole se verrait encore accrue, la création d’emplois ruraux non agricoles resterait par ailleurs minime. De telles évolutions approfondiraient les inégalités et la pauvreté rurale.
Certes un peu dures et crues les conclusions de ce scénario avancent que les mécanismes de sauvegarde qui avaient joué dans le passé ne pourront plus fonctionner de la même façon et surtout qu’une crise majeure deviendrait fortement possible, entraînant une régression du secteur agricole, une dégradation accrue de l’environnement et une reprise massive de l’exode rural avec ses effets probables d’instabilité urbaine et politique.
Le scénario (2) de “l’ouverture accélérée” envisage selon cette étude une ouverture accélérée avec la mise en œuvre de politiques ultralibérales, corrigées en partie par des filets de protection sociale. L’expérience mexicaine donne un exemple particulièrement pertinent d’une telle approche. L’agriculture est considérée sous son seul angle productif, comme une production parmi d’autres, et le marché, devenu le principal acteur du changement, est chargé
d’assurer l’insertion compétitive du système productif dans la mondialisation.
Répondant aux pressions du marché, le Maroc décide une dé-protection des céréales et des viandes rouges. Les réformes favorisent la disparition des filières non rentables. La durabilité est peu prise en compte et aucun effort d’importance n’est fait pour mettre en place les nécessaires politiques d’aménagement du territoire et de développement rural. On doit cependant créer des filets sociaux pour amortir le choc subi par les perdants de la libéralisation.
Les conséquences possibles d’un tel scénario apparaissent loin d’être les plus souhaitables pour le Maroc. Le retrait de l’Etat laisserait les acteurs économiques et la concurrence internationale Ce scénario favoriserait ainsi la formation d’une agriculture très capitalistique et les simulations montrent que le recul du blé et des productions de l’élevage, lait et viandes rouges, pourrait être très élevé.
Plus inquiétant selon cette étude est que le nombre de perdants serait par contre considérable, car la libéralisation accélérée entraînerait une forte concentration géographique de la production dans les zones les plus favorables et délaissant les zones moins favorables.
Ainsi, la réduction de la population agricole pourrait être massive. La forte reprise de l’exode rural obligerait à repenser totalement les hypothèses de croissance urbaine. L’alternative pourrait être de mettre en place des freins pour contenir la population en zone rurale, mais une telle politique sociale aurait pour effet négatif de détourner les ressources publiques de leurs emplois productifs. Si on se réfère à l’exemple du Mexique, le coût d’une telle politique pourrait
s’avérer insurmontable, le Maroc comme la Tunisie ne disposant pas, comme ce pays, de ressources pétrolières pour le financer.
Pour conclure ce scénario aurait, enfin, des conséquences environnementales contrastées par l’urbanisation et l’évolution des modes de vie entraîneraient à l’horizon 2030 une de terres agricoles, cédées à l’habitat et aux infrastructures.
Comme dans le scénario (1), on verrait se profiler une profonde crise de l’eau. En revanche, l’exode rural aurait pour effet de réduire la pression sur les terres marginales et donc de réduire quelque peu la désertification.
Conclusion
Pour le Maroc et très certainement pour la Tunisie, le troisième scénario, celui d’une “ouverture maîtrisée”, correspond à un développement plus harmonieux des tendances qui pourraient s’installer durablement car il se fonde sur un nouveau pacte agricole et rural.
Il prend en compte l’ouverture et la libéralisation mais en en gérant la progressivité par une transition, progressive mais déterminée, vers une économie rurale diversifiée et une agriculture plurielle, compétitive et durable.
Les politiques agricoles seraient modulées en permanence par des approches adaptatives. Les défaillances de marché et de gouvernance seraient corrigées en tenant compte des enjeux sociaux, environnementaux et territoriaux.
Bibliographie
IRESA et ESA-Moghrane (2015) : Projet EVSAT-CAD : Recueil des fiches technico-économiques observées des principales cultures pratiquées en Tunisie Tome 1 et Tome 2.
PAMPAT 2 (2021) : Produits de terroir en Tunisie
Prospective Maroc 2030 : Agriculture Maroc 2030 quels avenirs ?
15/04/2021 Synthèse bibliographique : recommandations de l’OCDE pour améliorer la concurrence
FRUITS ET LÉGUMES / VIANDES ROUGES/SMSA
INTRODUCTION
Suite la signature d’un Protocole d’accord en 2012 entre la Tunisie et l’OCDE, cette dernière a été invitée à entreprendre une expertise sur l’impact des lois et réglementations sur la concurrence dans des secteurs importants de l’économie tunisienne et en lien avec le secteur agricole.
1-le transport routier et maritime de marchandises
2-le commerce de gros et de détail, avec un focus concernant les produits agricoles que sont les fruits et légumes et la viande rouge.
3- les Coopératives agricoles
En réalité tous les secteurs du transport et de la distribution en gros et en détail touchent l’agriculture de près ou de loin.
Pour retenir le terme de l’OCDE qui résume la problématique à laquelle s’attaque cette expertise, « chronophage » , ce document relate les résultats d’une enquête de 2013/2014, où il est mentionné que les dirigeants d’entreprises tunisiennes passent 46.5 % de leur temps hebdomadaire à traiter des aspects concernés par des réglementations, contre une moyenne de 9 % dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA).
Pour le secteur agricole nous nous pencherons surtout sur le secteur du commerce des Fruits et légumes puis des viandes rouges ainsi que la situation des Sociétés Mutuelles de Services agricole.
En effet,le ministère de l’Agriculture joue un rôle important dans ces secteurs et en particulier des SMSA via la Direction générale du Financement et des Investissements et des organismes professionnels et notamment la direction des structures professionnelles.
Puis dans le secteur de la viande rouge à travers la Direction générale des services vétérinaires. Le ministère a adopté des arrêtés ministériels sur l’identification des animaux, le traitement de la viande, et le transport des animaux et viandes. Le ministère de l’Agriculture est également chargé d’exécuter une partie de la législation. Il supervise également la gestion des groupements interprofessionnels.

A/ Le secteur du commerce des fruits et légumes
1-Situation du secteur
Au niveau du commerce et de distribution local des fruits et légumes, les restrictions actuelles augmentent le nombre d’intermédiaires, ce qui peut entraîner l’accumulation de marges et des prix plus élevés pour le consommateur.
Pour ces spécialistes de l’OCDE, « l’intégration verticale permet d’éviter ces multiples majorations puisqu’un fournisseur intégré coordonne les prix à travers différents stades de distribution, ce qui assure des prix finaux plus bas » toujours selon l’OCDE.
Autrement dit et repris comme relaté dans l’étude : « Des gains d’efficacité hors prix peuvent aussi être générés au niveau des avantages tirés de la coordination de l’intégration verticale. En particulier, l’intégration verticale peut améliorer la qualité et le choix proposés au consommateur lorsque les intérêts du détaillant et du fabricant sont harmonisés ».
Pour le Commerce extérieur des fruits et légumes, la situation gagne à être améliorée selon la Fédération Nationale de l’Agroalimentaire de l’UTICA, qui avance que les restrictions à l’exportation qui sont en place affaiblissent le potentiel d’exportation de plusieurs produits alimentaires prometteurs, particulièrement en Afrique subsaharienne.
Alors que la part relativement faible des produits agroalimentaires dans le total des exportations tunisiennes au fil du temps suggère qu’il existe bien des opportunités de croissance dans ce domaine.
2- Résultats de l’expertise
L’expertise a identifié 61 références de textes juridiques qui sont à améliorer pour une meilleure efficience de la concurrence (Page 81 de FL1 à FL 61).
Pour l’OCDE, le cadre juridique réglementant les circuits de distribution des fruits et légumes en Tunisie est extrêmement complexe et fragmenté, et comprend de nombreuses réglementations qui, dans la pratique, ne sont pas appliquées.
La non-application de la réglementation est liée au fait que les autorités considèrent que les règles ont été implicitement abrogées, ou simplement parce que le secteur fonctionne en pratique de manière différente.
Ce défaut d’exécution contraste souvent avec la nature considérablement interventionniste de certains de ces textes législatifs.
L’OCDE invoque un certain nombre de recommandations visant à rendre le secteur de la distribution de gros plus efficiente et à privilégier le consommateur. Dans ce contexte, les marchés de gros en Tunisie peuvent continuer de jouer un rôle important à l’avenir en permettant, par exemple, aux vendeurs et aux acheteurs de se réunir dans un lieu spécifique pour réaliser des transactions, et en promouvant les bonnes pratiques de distribution et les normes d’hygiène.
Les recommandations de l’OCDE visent à encourager les marchés de gros à baisser les prix et à améliorer les services qu’ils fournissent, plutôt qu’à pousser artificiellement la distribution des fruits et légumes par les parties prenantes à travers ces circuits.
3-L’essentiel des recommandations
À la lumière des effets anticoncurrentiels causés par les restrictions sur les marchés de gros et de production, et au vu des limitations des dispositions visant à atteindre les objectifs de politique publique souhaités, l’OCDE recommande de :
-Clarifier dans la législation que les marchés de production peuvent vendre tout type de produits agricoles et opérer toute l’année.
-Supprimer les critères de quantités quotidiennes minimales pour permettre aux marchés de gros et de production de démarrer leurs opérations.
-Éliminer les dispositions législatives établissant les jours ouvrables et les horaires d’ouverture des marchés de gros et de production. Les marchés peuvent être autorisés à établir leurs propres calendriers d’activités.
-Renforcer la surveillance afin de réduire les activités informelles actuelles du secteur (en réduisant les ventes sur le marché clandestin et d’autres types de fraudes, en veillant à ce que les taxes soient payées de manière adéquate, par exemple), tout en s’assurant que ces types de marchés restent concurrentiels. Si des cartes d’accès sont requises afin d’assurer une meilleure surveillance, on doit veiller à ce que les acheteurs puissent les utiliser sur n’importe quel marché.
B/Pour les Coopératives agricoles
1-Situation des SMSA
Vu que La Loi nº 2005-94 ne facilite limite le regroupement des SMSA, en interdisant aux producteurs d’intégrer les SMSA de base qui ne sont pas dans leur région, cela pourrait notamment empêcher les producteurs d’intégrer des entités qui fournissent des services de meilleure qualité ou dont les coûts sont inférieurs. Ceci pourrait décourager les producteurs d’adhérer aux SMSA.
Cette restriction limite les incitations des SMSA de base à se faire concurrence en termes de services et entrave l’expansion des SMSA performantes, réduisant ainsi le potentiel d’économie d’échelle. La Loi nº 2005-94 interdit également aux membres des SMSA d’entrer en concurrence avec la coopérative dont ils sont membres, ce qui limite les incitations des SMSA à offrir des prix plus bas pour leurs produits, et la motivation des agriculteurs à adhérer aux SMSA.
2-Recommandations
Au vu des restrictions susmentionnées et de leurs effets anticoncurrentiels, l’OCDE recommande de :
– S’assurer que les taxes en vigueur soient imposées sur tous les produits dont leurs producteurs peuvent bénéficier des interventions des fonds s’y affèrent et qu’elles soient collectées dans tous les marchés de gros
– Veiller à l’alignement entre ceux qui s’acquittent de la taxe FODECAP et ceux qui bénéficient des interventions du fonds.
C/Commerce de gros et de détail des viandes rouges
1-Situation du secteur
La législation traitant des conditions d’hygiène pour les boucheries de détail et de la traçabilité de la viande n‘est pas appliquée de manière cohérente. En conséquence, les producteurs et les détaillants pourraient être incités à déroger aux exigences et de réduire les coûts en abattant les bêtes sans la présence d’un vétérinaire et sans respecter d’autres minima requis.
Si certains acteurs ne suivent pas les règles, cela peut présenter un risque pour la santé des consommateurs.
Un système d’identification et de traçabilité offre de nombreux avantages, notamment sa capacité à garantir que la viande commercialisée est parfaitement saine.
La traçabilité en Tunisie peut être améliorée avec l’expansion des grandes surfaces et supermarchés, car ces fournisseurs semblent porter une attention particulière aux questions de sécurité et d’hygiène, bien plus que ne font les boucheries de détail. Il reste toutefois deux aspects qui sont peu susceptibles de s’améliorer si le cadre juridique n’est pas modernisé et appliqué :
-la traçabilité avant l’arrivée de l’animal à l’abattoir.
-la traçabilité avant et après l’arrivée de l’animal à l’abattoir dans le cas des boucheries de détail.
Recommandations
L’OCDE recommande essentiellement de :
-Révoquer les restrictions sur le nombre d’abattoirs et sur leur emplacement géographique pour des motifs qui ne sont pas purement techniques ou environnementaux et de supprimer l’exigence de soumettre une étude économique préalablement à l’implantation d’un abattoir pour le secteur privé.
-Modifier les dispositions pertinentes afin de garantir que les procédures d’attribution d’une concession pour gérer un abattoir sont conformes aux normes nationales et internationales
-Révoquer les restrictions sur le nombre d’abattoirs et sur leur emplacement géographique pour des motifs qui ne sont pas purement techniques ou environnementaux et de supprimer l’exigence de soumettre une étude économique préalablement à l’implantation d’un abattoir pour le secteur privé.
-Modifier les dispositions pertinentes afin de garantir que les procédures d’attribution d’une concession pour gérer un abattoir sont conformes aux normes nationales et internationales.
-S’assurer que les modalités de la concession (y compris sa durée et les critères d’investissement) posent des obligations et offrent des incitations suffisantes afin que le concessionnaire effectue les investissements nécessaires pour garantir le bon fonctionnement de l’abattoir.
-S’assurer que tous les contrôles et les règles (les normes sanitaires et d’hygiène, en
particulier) sont mis en œuvre par tous les abattoirs, ce qui signifier l’adoption par l’administration publique d’un plan visant à remédier aux carences sévères actuelles en ce qui concerne les infrastructures et les équipements. Ce plan serait particulièrement important dans les régions où la création de nouveaux abattoirs privés qui pourraient remédier à ces carences est peu probable.
-Adopter un plan à long terme pour encourager l’investissement privé dans le secteur des abattoirs.
-S’assurer de l’alignement entre les abattoirs qui collectent et s’acquittent de la taxe pour le fonds FODECAP
Conclusion
Le cadre juridique actuel réglementant l’établissement et le fonctionnement des marchés de gros, et plus généralement le commerce de gros des fruits et légumes, et celui des viandes rouges contiennent un certain nombre de dispositions qui ont un effet indésirable sur la concurrence dans les activités pertinentes.
L’OCDE a recommandé des changements qui visent à rendre le fonctionnement de ces deux secteurs plus compétitifs, plus efficaces et moins coûteux pour les acteurs du marché, et au final pour le consommateur.
Bibliographie
OCDE : Examens de l’OCDE pour l’évaluation de l’impact sur la concurrence TUNISIE (2019).
ZLECAF ET COMESA.
Actualité: Des hommes d’affaires tunisiens prennent part au Forum économique tuniso-congolais à Kinshasa
Les sites Web officiels pour mieux vous informer:
Ministere du Commerce Spécial Afrique
Ministère de l’Agriculture (ONAGRI)
Autres Marchés:
- Union du Maghreb arabe (UMA / UMA)
- Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)
- Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC)
- Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD)
- Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC)
- Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA)
- Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC)
- Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD)
- Mais? Faut il démêler l’écheveau politique des organisations régionales africaines
05/01/2020
Gaspillage annuel de pain en Tunisie : 900 000 unités de pain jetées par an (INC, 2017), soit l’équivalent de 51% de la production nationale de blé tendre
03/11/2020 COVID-19 et Agriculture PHASE 2
Vient de paraître de l’ITES de Carthage

ITES: LA TUNISIE FACE À LA COVID-19:Phase 2 et Secteur Agricole
Afin de garantir sans aucune interruption l’approvisionnement de la population en denrées prioritaires, notamment les personnes vulnérables et démunies. Cet approvisionnement ne doit souffrir d’aucun dysfonctionnement afin d’éviter toute pénurie susceptible de provoquer des troubles sociaux et garantir une maîtrise des prix sur la longue durée.

Dans ce cadre, l’ITES publie une étude consacrée à l’Agriculture et aux industries agroalimentaires afin de répondre aux enjeux et aux défis de la Covid-19 à l’horizon début 2021.
En résumé: 1ere phase: Rappel des mesures préconisées en périodes de confinement et de confinement ciblé afin d’assurer le bon fonctionnement du secteur agricole et de la pêche.
1- Accroissement et stabilisation de l’offre et constitution de stocks de réserves des produits agricoles et agroalimentaires de base
2- Maintien et soutien de l’exportation et rationalisation des importations des produits
agricoles et agroalimentaires stratégiques
3- Satisfaction des besoins de consommation des ménages tunisiens tout en préservant leur pouvoir d’achat, notamment en produits de base
4- Création d’un observatoire des marges et des prix dans les filières agroalimentaires.
5- Soutien social spécifique et exceptionnel pour les populations rurales vulnérables et les populations en situation de chômage obligatoire, des agriculteurs, pêcheurs et industriels en difficulté
6- Dématérialisation et digitalisation à tous les niveaux
Phase 2: il y a eu des comparaisons et des écarts entre réalisations et prévisions des performances de l’agriculture, de la pêche et de l’agroalimentaire.
Céréales: Dans ce contexte, la disponibilité des produits céréaliers ne posera aucun problème et le marché sera approvisionné normalement pendant le dernier trimestre 2020.
Le maraîchage: Pour l’année 2020, les productions réalisées de pomme de terre, de tomates, d’artichauts et des autres légumes ont été supérieures aux prévisions.
Les productions réalisées de piment et d’oignons ont été plutôt inférieures aux prévisions . Les prévisions de l’année 2021 ont été rectifiées en augmentant les productions de la tomate, de la pomme de terre, des melons et pastèques et des autres légumes et en réduisant la production des piments.
Elevage : A part le secteur ovin où les productions ont été suffisantes le secteur bovins a produit moins que les prévisions pour 2021 les prévisions ont été revus à la baisse.
Pour le lait et dérivés, la fermeture des petites fromageries et des crèmeries durant la période du confinement a été à l’origine du transfert des quantités de lait destinées à ces activités vers les centrales laitières. Ces quantités sont évaluées à près de 200 milles litres/jour. Le niveau du stock de régulation a enregistré une nette amélioration pendant la période de haute lactation et est passé de 20 millions de litre au mois de mars à 60 millions de litres fin août 2020. Ce niveau de stock peut largement approvisionner le marché.
La pêche et l’aquaculture
Les productions réalisées ont été légèrement inférieures aux prévisions. Pour l’année 2021, les prévisions ont été révisées à la baisse.
Il a été observé que les réalisations pour l’année 2020 ont été inférieures aux prévisions pour les céréales, les amandes, le piment, les oignons, la pêche et l’aquaculture et la plupart des productions animales. Pour les autres productions arboricoles, notamment l’olivier à huile, l’élevage ovin, les pommes de terre, les tomates, les artichauts et les autres légumes, les réalisations ont été plutôt supérieures aux prévisions. Le taux de croissance réalisé a été inférieur à la prévision.
Pour réussir la stratégie et le plan d’actions ciblant le scénario souhaitable à l’horizon fin 2020, il est impératif :
1- Impliquer et de responsabiliser davantage les opérateurs privés dans la stratégie de l’Etat via une étroite collaboration avec les organisations interprofessionnelles, les organisations syndicales, les groupements professionnels et la société civile ;
2- Instaurer une solide capacité de veille et d’anticipation, à l’échelle de chaque ministère, de l’évolution de la situation sanitaire, économique et sociale afin de se prémunir contre tout impact négatif et de saisir les opportunités ;
3-Créer une cellule interministérielle de gestion de la crise de la COVID-19 (ministères de l’agricultures, des ressources hydrauliques, et de la pêche, de l’intérieur, de finance, du transport, du commerce et de l’industrie) afin d’anticiper les actions nécessaires pour assurer le bon fonctionnement des filières, l’approvisionnement en intrants et en facteurs de production et la satisfaction des besoins de consommation en cas d’amplification de la pandémie et de la panique au cours des 3 prochains mois d’octobre, novembre, et décembre 2020 ;
4- De créer un fonds Covid-19 pour financer la réalisation de la stratégie et du plan
d’actions ciblant le scénario souhaitable à l’horizon fin 2020 à temps ;
5- De faciliter l’intégration des nouvelles technologies, de la digitalisation et de
l’intelligence artificielle et d’assurer leur diffusion à l’échelle de l’ensemble des
maillons de l’agriculture, de la pêche et des industries agroalimentaires.
28/09/2020 Recommandations pour le secteur agricole en réponse à la pandémie Covid-19 : Synthèse bibliographique
La pandémie mondiale due au « Covid-19 » a été une lutte sans merci et ses conséquences sont nombreuses sur tous les secteurs dont le secteur agricole.Elle nous a aussi montré que les secteurs les plus importants pour la vie humaine, sont ceux de la santé et de l’agriculture.Il est donc légitime de s’interroger sur l’impact du confinement sur l’agriculture et la pêche, et surtout quant à la relance post Covid-19.En effet, la pandémie a eu cet « effet positif » de pousser toutes les institutions à réfléchir sur son impact qui a remis en cause la stabilité des équilibres assurant la sécurité alimentaire et ainsi d’en déduire les faiblesses et apporter les solutions pour une meilleure résilience.Tout d’abord en Tunisie la pandémie du Covid -19 a été relativement bien maîtrisée sur le plan sanitaire grâce à la mobilisation et la rigueur des professionnels de la santé, des autorités nationales par l’adoption très tôt des mesures de confinement et de distanciation sociale.
Pour l’IFPRI et l’ITCEQ, la pandémie de COVID-19 a rapidement évolué d’une crise sanitaire à une crise économique mondiale à grande échelle et le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que le monde tombera en récession en 2020et, par conséquent, la prévalence de l’extrême pauvreté dans le monde pourrait augmenter de 0,7%.
Au niveau national, l’IFPRI et l’ITCEQ avancent que le bilan pourrait être lourd sur le plan socio-économique au vu du blocage des recettes fiscales entre autre, le FMI a annoncé début avril un prêt d’urgence de 745 millions de dollars estimant que le PIB pourrait connaitre une contraction de 4.3% en 2020, la pire depuis l’indépendance.
Concernant les impacts de cette crise, les travaux du comité de suivi de la pandémie COVID-19 du Ministère d l’Agriculture a identifié les principales répercussions de la crise sur le secteur agricole observées fin mars, début avril comme suit :
(1) perturbation au niveau de l’approvisionnement en intrants,
(2) perturbation de l’emploi dans certaines filières (transport et prévention) et difficultés de mener certaines tâches administratives,
(3) perturbation de la commercialisation,
(4) réduction de la demande (restaurant, hôtels),
(5) restrictions de transport, difficultés logistiques, et fermetures des frontières entrainant une réduction du trafic et la hausse des coûts.
Le Ministère de l’Agriculture est intervenu pour réduire autant que possible les effets de ces perturbations par différentes mesures qui relèvent des changements des procédures internes, de la révision de la règlementation, des sanctions plus sévères aux atteintes aux ressources naturelles et une intensification du contrôle et de la coordination avec d’autres ministères. Aussi, un programme d’assistance sociale à large échelle a été mené par l’Etat pour venir en aide aux populations les plus vulnérables.
Dans ce cadre, un plan d’action a été mis en place par le Ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime et des ressources hydrauliques. Il vise le renforcement de la sécurité alimentaire surtout pour les populations les plus vulnérables en zones rurales, le soutien aux filières les plus affectées par les perturbations et la réduction de la dépendance étrangère, la digitalisation (télétravail, numérisation des documents officiels, plateformes), l’innovation et le partenariat (e-commerce, applications digitales), la création de capacités de stockage additionnelle, la veille et le réseautage au niveau des exportations afin de mieux tenir compte des risques et opportunités avec les pays tiers, et des études d’impact permettant de réorienter la politique agricole et forestière. Ces solutions se sont traduites en un plan d’action, nécessitant un financement supplémentaire pour pouvoir les mener.
Aussi, l’ONAGRI a publié plusieurs notes et étudessur les effets et les conséquences de cette pandémie.Vous trouverez les détails sur le site web : Notes de veilles covid-19.
L’ITES propose aussi un certain nombre de propositions que l’on peut consulter dans ses deux publications : « La Tunisie face au Covid-19 à l’horizon 2025 » et « Mesures préservant la filière agricole et le bon fonctionnement de l’industrie agroalimentaire face au Covid-19 ».
En termes de croissance, le secteur agricole s’est montré le plus résilient avec une croissance de la valeur ajoutée de 3.6% alors que le PIB a subi une baisse de croissance de 21,6% au cours du secondtrimestre 2020 (INS).
Aussi, la FAOa publié une note en date du 16 juin 2020 intitulée«l’impact de la crise Covid-19 sur l’agriculture et la sécurité alimentaire en Tunisie : défis et options de réponses qui a mis en exergue la vulnérabilité des différents systèmes de production et de distribution.Cela s’est fait aussi ressentir sur les importations et les exportations de certains produits alimentaires.Parmi les mesures proposées par cette institution des Nations Unis, figure l’élaboration d’un plan d’urgence visant à couvrir les besoins du pays, notamment en céréales et maintenir les exportations des produits de la pêche, de l’huile d’olive, des dattes et autres fruits et légumes. Dans ce document d’orientation, on insiste sur la concrétisation des mesures qui évitent les perturbations des chaînes d’approvisionnement alimentaires au niveau international et plaider en faveur de la continuité du commerce international qui sont d’une nécessité première.
Les messages clés qui ressortent dans cette note sont nombreux : Tout d’abord ne laisser personne pour compte, et développer des plans d’aide pour les petits exploitants pour garantir leur viabilité économique et sociale, puis garantir les flux d’import et d’export par un plan d’urgence, repenser les stratégies visant à assurer la sécurité alimentaire et accélérer le changement vers la digitalisation des systèmes alimentaires, des chaines d’approvisionnement et des plateformes e-commerce. Cette note spéciale Tunisie relate que concernant les activités agricoles durant le dé-confinement progressif, ce sont surtout les limitations dans le transport, l’accès aux intrants agricoles, la disponibilité de la main d’œuvre qui ont pu potentiellement pour reprendre l’expression des auteurs de cette note, perturber la production, la transformation et la commercialisation. Et à l’instar de tous les pays il a été demandé de mettre en place chez les acteurs du secteur les dispositifs capables de garantir la sécurité des travailleurs pour éviter de contracter la maladie et de la propager.
Puis cette publication a l’avantage d’avoir analysé filière par filière dans les produits dits « stratégiques ». Concernant les céréales, il faut dans ce contexte de crise éviter la volatilité des prix sur les marchés internationaux vu laforte dépendance à l’importation, des mesures urgentes doivent être prises sur l’amélioration des stocks stratégiques ainsi que de la réduction des pertes et des gaspillages qui s’évaluent à 7 millions de quintaux (2.5 M Qtxau niveau de la production et 4.5 M Qtxau niveau de la consommation). Il s’agit de les réduire de moitié à l’horizon 2030. Pour l’oléiculture, les difficultés sont dues notamment au phénomène d’alternance chez l’olivier (qui peut varier de 1 à 10), les problèmes de sénescence, (touchant près de 50% de la production). Pour la FAO, il est nécessaire de réhabiliter les oliveraies avec de nouvelles variétés résistantes et dans des zones favorables. Il faut aussi développer un plan de contingence pour l’export, revoir la capacité de stockage et redynamiser le marché local et finalement s’orienter vers la diversification des marchés à moyen et long termes.
Pour la pêche, et vu que celle-ci est en grande partie artisanale, les options stratégiques sont de soutenir les marins pêcheurs par la protection sociale, et le contrôle sanitaire des produits de la pêche. Puis afin de lutter contre les effets de la crise par le ralentissement des exportations vers l’Union Européenne, les options stratégiques sont de négocier des mécanismes d’exportation adaptés, assurer la diversification des marchés et soutenir les chaines d’approvisionnement et de refroidissement.
Concernant la balance commerciale du pays qui accuse un grand déficit de 19.4 milliards de dinars en 2019, le commerce agricole est à l’origine de 1.4 milliards de dinars de ce déficit soit 7,2% du déficit total. Pour cela, l’option stratégique est le développement d’un plan de résilience face à la volatilité des prix, par la consolidation des infrastructures de stockage et équipements en froid principalement.
Finalement, la FAO concluequ’il ne faut pas laisser les progrès accomplis dans le secteur du numérique s’inverser et le développer sous différentes formes comme précisées dans la note. Par ailleurs, il convient de signaler les recommandations prises par la Conférence régionale de la FAO pour le Proche Orient tenue récemment les 21-22 septembre 2020.
Selon le CIHEAM (Centre international des hautes études agricole méditerranéen) dans son étude intitulée « Pandémie du Covid-19 : Frayeurs sur la sécurité alimentaire en méditerranée » ainsi que dans leur revue MED-AMIN (Réseau méditerranéen d’information sur les marchés agricoles),une note positive s’inscrit dans cette période de nouvelle propagation du virus quejusqu’à présent, il n’a pas été vu en pays méditerranéen des signes majeurs que le COVID-19 provoque des pénuries alimentaires. Pour cette institution méditerranéenne avec les crises du COVID-19, plus que jamais, la coopération agricole, le développement rural et l’investissement dans le capital humain sont une priorité en Méditerranée.
Références bibliographiques
FAO, 2020. Effets de la covid-19 dans la région Proche-Orient et Afrique du Nord et plan d’intervention de la FAO. Conférence régionale de la FAO pour le Proche Orient tenue récemment les 21-22 septembre 2020. http://www.fao.org/3/nd678fr/nd678fr.pdf
C’est le sujet choisi pour deux raisons essentielles. Tout d’abord vous informer sur l’organisation de cette manifestation à Malte du 12 au 14 Octobre 2020.Le suivi de cette manifestation est primordial car il touche directement un sujet sensible en Tunisie : les formes foncières héritées un enjeux de taille.
ITES, 2020. La Tunisie Face AU COVID-19 À L’HORIZON 2025
http://www.ites.tn/uploads/publications/files/6b33aed2353287c93a8b470f2308bc58.pdf
ONAGRI, 2020. Evaluation des impacts du COVID-19 sur l’évolution de l’approvisionnement, des prix, des exportations et des investissements. Numéro 2 (2020) de La Lettre de l’ONAGRI (en arabe)
Ministère de l’Agriculture des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, 2020. Plan d’action en réponse à la crise COVID-19, Tunisie
24/08/2020 CRISES ET CONFLITS EN MÉDITERRANÉE : L’AGRICULTURE COMME RÉSILIENCE
Un livre intitulé » CRISES ET CONFLITS EN MÉDITERRANÉE : L’AGRICULTURE
COMME RÉSILIENCEca été publié pour cette manifestation vous trouverez sa présentation sur le lien suivant: https://www.ciheam.org/uploads/attachments/323/Flyer_Crises_conflitsenMediterran_e_Agriculture_Resilience_IREMMO_CIHEAM2018.pdf
En effet, l’auteur avance ce qui suit » instabilités politiques, changements climatiques, migrations, croissance démographique (heureusement pas si importante que cela en Tunisie) , raréfaction des ressources naturelles : la méditerranée constitue un arc de crises majeures. La sécurité alimentaire et l’agriculture qui concernent une partie importante de la population subissent cet état de crises.
Dans le même sens le CIHEAM a mit une stratégie pour les pays méditerranéens dans ce sens et qui est résumée dans ce poster: https://www.ciheam.org/uploads/attachments/321/FLYER_ONEPAGE_EN_V7.pdf
Pour un développement des rubriques plus détaillé un document en langue anglaise a été réalisé vous le trouverez sur ce lien: https://www.ciheam.org/uploads/attachments/318/PACMED2025_CIHEAM.pdf
Un second document sur le développement durable en méditerranée liste les opportunités qui s’offrent à nous en qualité de pays méditerranéen. https://www.ciheam.org/uploads/attachments/324/IREMMO_CIHEAM_ODD_MED_2016.pdf
19/08/2020 ZLECAf : Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf ou ZLECA)
1-L’Afrique pourrait voir son revenu augmenter de 450 milliards de dollars
2-pleinement mise en œuvre, la ZLECAF pourrait, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, accroître le revenu régional de 7% (soit 450 milliards de dollars), accélérer l’augmentation de la rémunération des femmes et sortir 30 millions de personnes de l’extrême pauvreté d’ici 2035. https://www.webmanagercenter.com/2020/08/02/454368/zlecaf-accord-de-libre-echange-continental-lafrique-pourrait-voir-son-revenu-augmenter-de-450-milliards-de-dollars/
3- La libéralisation des tarifs douaniers, de même que la réduction des barrières non tarifaires comme les quotas et les règles d’origine, permettrait d’augmenter les revenus de 2,4%, soit environ 153 milliards de dollars. Les 292 milliards de dollars restants proviendraient de mesures de facilitation du commerce qui limitent les formalités administratives, abaissent les coûts de mise en conformité pour les sociétés commerciales et facilitent l’intégration des entreprises africaines dans les chaînes logistiques mondiales.
4- La mise en œuvre réussie de la ZLECAf contribuerait à amortir les effets négatifs du coronavirus sur la croissance économique, en soutenant le commerce régional et les chaînes de valeur grâce à la réduction du coût des échanges.
5- La ZLECAf stimulerait également de manière significative le commerce africain, en particulier les échanges intra-régionaux dans le secteur manufacturier. Les exportations intracontinentales augmenteraient de 81%, tandis que la progression vers les pays non africains serait de 19%.
6-La mise en œuvre de l’accord entraînerait également des hausses de salaire plus importantes pour les femmes que pour les hommes d’ici à 2035, avec des augmentations respectives de 10,5% et de 9,9%. Elle permettrait également d’augmenter de 10,3 % le salaire des travailleurs non qualifiés et de 9,8% ceux des travailleurs qualifiés.
14/08/2020 L’eau, l’irrigation du blé tendre et les pertes et gaspillage du Pain: une évidence à laquelle on ne peut plus tourner le dos.
Selon la FAO (2019) , la région Proche-Orient–Afrique du Nord importe 36 millions de tonnes de blé par an, mais elle en gaspille chaque année plus de 16 millions de tonnes, soit plus de 6 milliards de dollars, somme qui permettrait de nourrir entre 70 et 100 millions de personnes.
Les disponibilités moyennes de la région en ressources en eau renouvelables intérieures sont de 609 m3 par habitant et par an (moyenne mondiale: 6 400 m3 ) et 3,9 % seulement des terres de la région sont cultivées; pourtant, jusqu’à 30 % des ressources naturelles et de l’énergie ayant servi à produire des aliments sont gaspillés lorsque de la nourriture est perdue ou gaspillée.
Allons voir de plus près la situation en Tunisie pour cela nous avons eu recours aux statistiques de la DGEDA (DG des Etudes et du Développement Agricole) au ministère de l’agriculture de la pêche et des ressources hydrauliques.
Ainsi, durant la saison 2017/2018 la Tunisie a produit selon les statistiques de la DGEDA environ 40 000 quintaux de blé tendre, soit 30 000 quintaux de Farine au vu que le taux d’extraction est de 75 % et cela dans les surfaces allouées à l’irrigation des céréales durant la campagne 2017/2018.
Trouvé sur Google, il faut pour une baguette ou un pain de 250 grammes, 160 à 170 grammes de farine.
En se référent au constat de l’institut national de la consommation, l’INC, le gaspillage de pain est de 900 000 unités par jour, soit 900 000 x 0.165 kg de farine par unité donnant 148500 kg de farine jetée par jour, soit 1485 qtx/jour. Ainsi et sur 365 jours (sachant qu’il y a campagne céréalière par année) et pour cette campagne, 54 200 Quintaux de farine sont jetés par année. Cette quantité jetée représente pour la campagne 2017-2018, 180% de la production en irriguée c’est-à-dire que toute la surfaces de sols soit 1700 hectares ont servi à produire du pain qui sera jeté ????
Les autres quantités de farines nécessaires pour couvrir les besoins nationaux et déficientes sont achetées en devises pour finalement être jetées.
Il est à relever que ce pourcentage de pertes diffère selon les années par les niveaux de productions qui varient avec la pluviométrie annuelle essentiellement et peuvent par exemple être d’environ 30% comme ce fut le cas pour la campagne 2014/2015.
L’eau qui est une denrée de plus en plus rare en Tunisie, les sols aussi, car on ne peut plus agrandir les surfaces emblavées, les intrants, les machines et la consommation de pétrole (Fuel) etc… finissent à la poubelle????.
Surfaces de sols utilisées en blé tendre irrigué : 1700 Hectares dont la production va à la poubelle.
Sur les 15 000 qtx de semences sélectionnées pour les 85 000 hectares au total, il y a 300 quintaux de ces dernières qui ont été utilisées dans cette production est qui ont été perdues.
Même calcul pour les engrais phosphatés. On obtient une quantité pour les 1700 hectares en irrigué de 440 tonnes (et leur effet de salinisation sur le sol) qui en fin de compte n’ont pas été eux aussi utiles dû au pain jeté.
Les pertes se poursuivent avec les pesticides (non quantifiables dans notre cas) mais 140 000 hectares on été traités et nous pensons que les parcelles irriguées sont en intensif et qu’elles ont certainement du être traité en majorité si ce n’est dans la totalité. Que de pertes !!!
Campagne céréalière 2017-2018
Surface blé tendre irrigué : 1700 hectares dont la production est jetée
300 qtx de semences sélectionnées perdues
440 tonnes de fertilisants phosphatés et leur impact sur la salinisation des sols
Une production de 54 200 Qtx de farine : cette quantité sera jetée et elle représente pour la campagne 2017-2018, 180% de la production en irriguée consacrées au blé tendre.
Si on calcule l’eau virtuelle à savoir la quantité d’eau nécessaire pour la production de cette production, sachant qu’il faut une tonne d’eau (1m3) pour produire un kg de blé soit dans notre cas il faudrait une quantité d’eau virtuelle (eau verte soit eau de pluie et eau bleue eau d’irrigation) 40 000 qtx soit 4000 000 de kg de blé tendre et autant en eau virtuelle 4 millions de m3 d’eau soit en la date du 31/08/2020, … 85% du stock du barrage ABID.

300 000 dinars de perte QUOTIDIENNE et 900 000 Unités de pain jetées soit 110 M Dinars/ans pouvant être utiles ailleurs sans oublier le manque de farine à importer en devises.
Il est urgent de faire comme la Turquie une campagne de sensibilisation qui leur a permis d’éviter des pertes de 1.3 BILLIARDS de dollars américains.
Limiter les pertes et gaspillage permettra d’économiser selon notre efficacité de la campagne de sensibilisation tunisienne « Anti gaspillage de pain » à réaliser
1- Une partie des 300 000 dinars par jour des équivalents à 110 Millions de dinars par an. Quand on sait que la cité de la culture a coûté 140 Millions de dinars cela laisse à réfléchir !!!
2- D’économiser des devises, car en Tunisie, un pain sur 4 est importé selon Med Amine
3- Économiser une partie de la subvention donnée au pain, et réduire la facture de la subvention
4-On se rapprochera aussi de l’autosuffisance en céréales,
5- On économisera de l’eau, des surfaces de sols, des intrants, du fuel etc… autant d’intrants qui sont de plus en plus chers et de ressources naturelles de plus en plus rares, l’eau et les sols (due entre autre à l’avancée de la désertification chaque année en Tunisie)
6- Une consommation moindre en pain (avec le Ministère de la santé) diminuera les effets néfastes du pain en excès sur la santé et des maladies comme le diabète, l’hypertension etc… Le ministère de la santé fera des économies en produits pharmaceutiques et hospitalisations… et les caisses Caisse CNRPS et CNSS dépenseront moins en santé et la CNAM aura moins de remboursements à faire.
Campagne de sensibilisation à réaliser pour diminuer les pertes, radio, télévision, panneaux sur les routes courrier, journeaux, interventions de terrains etc…
Qualité du pain à améliorer pour qu’ils soit consommable sur 3 à 5 jours, recyclage des quantité perdues en Turquie salés et gâteux sucrés sont obtenus et d’autres interventions sont à programmer avec les institutions concernées.
Dossier important à suivre…
Références bibliographiques.1- MARHP (2019) : Budget économique 2019
MARHP (2018) نتائج الاستصاء بتقدير انتاج الحبوب عن طريق القيس الموضوعي الموسم 2017-2018
INC(2016) La stratégie pour la réduction du gaspillage de pain (bientôt sur Agri doc space).
GENERAL DIRECTORATE OF TURKISH GRAIN BOARD (2013) : Stale Bread Recipes
GENERAL DIRECTORATE OF TURKISH GRAIN BOARD-2 (2013): THE CAMPAIGN FOR PREVENTING BREAD WASTE IN 2013 AND THE RESULTS COMCEC(2017): Reducing waste food in The OIC members countries
07/08/2020
En cette fin de semaine en date du 07 août 2020, l’accelération de nombreuses actualités à travers le monde avec la pandémie du COVID-19 et l’apparition d’un grand marché africain impactent et concernent directement la Tunisie et notamment son agriculture.
En effet, tous les pays africains, à savoir 54 pays, viennent de signer un accord portant sur la création de la plus grande zone de libre échange au monde dite « Zone de libre échange continentale africaine » ou ZLECAF.
Plusieurs documents, sites web et autre vous présentent et expliquent cette nouvelle organisation commerciale entre les pays africains et vous trouverez principalement les suivants:
1- ACCORD PORTANT CRÉATION DE LA ZONE DE LIBRE-ÉCHANGE CONTINENTALE AFRICAINE
2- Union Africaine, le CAPC et les Nations Unis: « Zone de libre- échange continentale africaine » :et Série de questions et réponses actualisées (janvier 2020).
3- La FAO et l’Union Africaine: Le commerce intra-africain, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et la pandémie de covid-19 en date du 12 avril 2020
Cette dernière note établie entre deux grandes institutions internationales la FAO et La L’Union Africaine mérite d’être soulevée dans notre rubrique de veille documentaire. En effet, elle conjuge Pandémie Covid-19 et Zleca ainsi que la situation actuelle du commerce agricole africain et nous avons voulu soulever cette proposition ou plutôt recommandation de ces deux institutions à nos responsables et acteurs du commerce agricole dans notre pays et autre concernés par le sujet:
Éviter de mettre en place, face à la covid-19, des politiques susceptibles de compromettre l’Accord de la ZLECAf: il est important d’éviter les mesures de restriction des importations et des exportations, non seulement pour respecter l’esprit de la ZLECAf, mais aussi, de façon plus immédiate, pour garantir l’offre d’aliments et l’accès à ceux-ci dans la région car de nombreux pays d’Afrique ont imposé des restrictions à l’importation dans le cadre de la fermeture des frontières pour faire face à l’épidémie. Mais de nombreux pays dépendent des importations, et selon cette note, il est important de mettre en place des couloirs sûrs pour les échanges commerciaux et les déplacements, conformément aux directives de l’OMS, afin de réduire autant que possible les effets des perturbations liées à la covid-19 et de maintenir en activité les chaînes l’approvisionnement alimentaire.
Éviter aussi les restrictions ponctuelles à l’exportation: dans le passé, les pays ont réagi aux incertitudes du marché en imposant des restrictions à l’exportation et finalement s’attaquer aux principaux obstacles réglementaires qui entravent le commerce intra-régional.
Oléiculture
En oléiculture, la plue-value est meilleure quand l’huile d’olive est conditionnée et fait l’objet d’une communication et d’un marketing ciblé selon les pays et leurs besoins. Pour cela , le Conseil tunisien de l’huile d’olive conditionnée a adopté le 05/08/2020 une série de mesures visant à promouvoir davantage l’exportation de l’huile d’olive conditionnée et permettre aux exportateurs de développer la compétitivité à l’échelle internationale action difficile mais possible au vue l’implantation ancienne des italiens, espagnols, français, et grecques dans ces divers marchés les plus demandeurs.
La Direction de la Documentation et ses services